Pierre Ménès

Pour ma toute première interview, je suis très heureux d’accueillir « le parrain » de mon blog, Pierre Ménès, qui a gentiment accepté de répondre à mes questions.

Le journaliste sportif a évoqué :

son retour aux sources suite à sa grave maladie (à cause de laquelle il a subi, le 18 décembre 2016, une double greffe, du foie et du rein).

• ses apparitions à la télévision depuis la rentrée de septembre.

• le championnat de France de Ligue 1.

• ses futurs projets.

L’ENTRETIEN COMPLET

Bonjour Pierre ! Pour commencer, comment vas-tu ?

Là, tout de suite, j’ai une crève du diable, sinon, dans l’ensemble, ça va bien. Ça fait un petit peu moins d’un an et demi que j’ai été greffé, et ça va, je me déplace, je n’arrive toujours pas à faire de sport par contre, mais on m’avait dit que ce serait long.

Avant d’évoquer de nombreux sujets, peux-tu nous expliquer le parcours que tu as connu pour devenir journaliste, et pour entrer dans le milieu de l’audiovisuel ?

Je suis rentré à L’Equipe comme pigiste à 21 ans, j’en suis ressorti grand reporter à 42 ans, pour devenir dirigeant du Stade de Reims et commencer en même temps 100% foot sur M6. Reims ça a duré qu’un an, M6 ça a duré 4 ans, jusqu’au moment où Cyril Linette, qui était le chef des sports de Canal à l’époque, est venu me chercher pour intégrer le Canal Football Club, qui allait vivre sa deuxième saison. Maintenant cela fait neuf ans que je suis à Canal.

« Sans ma femme et ma mère, je n’aurais pas tenu le coup »

La cirrhose NASH a failli te coûter la vie. Comment as-tu vécu cette période ?

Déjà, je ne savais pas que je risquais d’y rester. Au moment où j’ai été opéré, j’étais trop fatigué pour me rendre compte de quoi que ce soit. Depuis que j’ai repris mon travail, je n’ai pas l’impression d’être un autre homme, je n’ai pas l’impression de vivre une deuxième vie, j’ai l’impression d’avoir repris le cours des choses. Je pense que c’est plus simple à vivre.

Pendant ces moments-là, la soutient des proches doit être très important…

Le soutient des proches est fondamental. Ça aide à tenir. Il faut bien se rendre compte que les quatre derniers mois avant ma greffe, on ne pouvait pas me laisser seul une minute. Je pouvais faire un malaise, je pouvais tomber, je marchais plus. C’était une présence, voire une surveillance de tous les instants. Sans elles deux je n’aurai pas tenu le coup, ça c’est certain.

Tu as notamment sortie un livre, intitulé « Deuxième mi-temps », dans lequel tu expliques ces nombreux mois de calvaire. Quel message veux-tu faire passer à travers celui-ci ?

C’est que la mort donne la vie. Si je n’avais pas reçu un foie et un rein d’un donneur, qui est évidemment décédé, je ne serais plus là aujourd’hui pour vous parler. Je suis la preuve vivante du besoin d’organes et du fait que ça marche. C’est pour cela que je m’implique beaucoup. J’essaye de répondre le plus possible aux sollicitations très nombreuses que je reçois à ce niveau-là. Je suis devenu l’ambassadeur du dépistage de la Cirrhose NASH à l’hôpital Beaujon. J’en profite pour dire que je suis extrêmement choqué que l’on m’attaque systématiquement sur le prix de ce livre, qui est d’abord le prix d’un livre normal, d’ailleurs si les mecs qui m’attaquaient en lisaient, ils le sauraient. C’est pas un livre pour faire de l’argent, c’est un témoignage. Évidemment j’ai gagné de l’argent avec, en même temps c’est moi qui ai été malade aussi. C’est surtout pour faire passer le message. En plus, je ne voulais pas le faire ce livre. C’est ma femme et ma mère qui m’ont convaincu de l’importance du témoignage. Je ne voulais pas le faire, je ne voulais pas raconter ma vie et rentrer dans les détails, et puis finalement je suis rentré à fond dans les détails. Comme je ne l’ai pas écrit, parce-que au moment où le livre a été fait j’étais trop fatigué pour l’écrire moi-même, je me suis confié à Catherine Siguret, et quand tu parles à quelqu’un tu ne te mets pas de barrières, tu racontes tout, alors que quand tu écris seul, tu t’autocensure un peu.

Le livre « Deuxième mi-temps » est disponible à la vente

Sur les réseaux sociaux, tu as indiqué qu’un tee-shirt nommé « Reebirth » sera disponible à la vente début avril. Peux-tu nous expliquer comment se le procurer ?

Il sera en vente sur internet, et il sera en vente dans certain Foot Locker aussi, puisque la marque qui me fabrique le tee-shirt, Dwen, fabrique les tee-shirts à l’effigie des joueurs du PSG, donc ils les distribuent dans les boutiques du PSG et dans les Foot Locker. Je ne sais pas si il sortira dans tous les Foot Locker de France, mais il sortira dans pas mal de Foot Locker.

Il y a presque un an (le 2 avril 2017), les téléspectateurs pouvaient te retrouver à la télévision, dans le Canal Football Club, après de nombreux mois très compliqués. Le retour a-t-il été difficile ?

Non, non. Franchement non, le retour a été un bonheur, c’est ce que j’attendais. Ça m’a beaucoup aidé. C’est pas le fait de faire de la télé, c’est le fait d’exister à nouveau, de refaire mon travail, de revenir.

« Les insultes sur les réseaux sociaux, j’en ai rien à foutre »

En septembre dernier, tu faisais ta première apparition dans Touche Pas À Mon Poste, en tant que chroniqueur, mais depuis le mois de janvier on ne t’y voit plus. As-tu arrêté ?

On peut dire ça ouais. J’ai été réopéré d’une éventration le 3 janvier. À partir de mi-janvier j’ai commencé à faire 19H30PM du stade, et je n’ai pas mesuré la fatigue que ça m’a procuré, d’abord de reprendre quinze jours après une opération, et aussi d’aller dans des stades où il faisait tellement froid. J’ai été à Dijon, à Caen, à Saint-Étienne, à Marseille, à Strasbourg, il faisait très froid.

D’ailleurs, comment Cyril Hanouna en est-il venu à te contacter ?

Il m’a appelé l’été dernier, il m’a dit que l’émission allait changer, que ça allait être plus médias, qu’il voulait vraiment m’avoir, et puis comme je l’aime beaucoup j’ai fini par lui dire oui. J’ai dû en faire une petite vingtaine de TPMP, mais là honnêtement, avec mon déplacement le vendredi et le CFC le dimanche, je suis trop fatigué, et puis je ne veux pas être tous les jours à la télé, je ne veux pas soûler les gens non plus, de toute façon l’émission marche formidablement bien sans moi, et puis honnêtement je pense que je ne manque à personne.

Depuis la rentrée 2017, on te retrouve également, chaque vendredi soir, sur Canal+Sport, dans 19H30PM. Lors des premières émissions, tu étais accompagné par de nombreuses jeunes journalistes, comme Agathe Auproux, Ambre Godillon ou encore Lucie Bacon. Maintenant, on te retrouve avec Virginie Ramel et des consultants, autour d’une table, dans le stade qui accueille le premier match de la journée de Ligue 1 concernée. Pourquoi avoir changé la mécanique de l’émission ?

Pour deux raisons. D’abord parce-que c’était ma volonté du départ d’être au stade, car ça fait très longtemps, depuis que je fais de la télé, que je fais des émissions de plateau, et que je trouvais que le contact avec les joueurs, les dirigeants, le public, ça manquait à ma vie. A chaque fois que je me déplace je fais de nombreuses photos, je parle avec les gens, moi j’aime bien ça, mais quand on a mis en place 19H30PM avec la direction des sports de Canal, ils avaient peur que ça me fatigue trop au niveau de mon état de santé, donc on a décidé de faire une émission de plateau. J’ai décidé de faire une émission avec un concept très spécial, avec que des filles, et forcé de constater qu’au vu des audiences, que les gens qui regardent des émissions de foot, ils n’ont pas envie de voir des filles en parler. Personnellement, je le regrette beaucoup, parce-que je trouve que le contenu était de très bonne qualité, largement d’aussi bonne qualité que si c’était des hommes. Il faut croire que le sexisme a encore de beaux jours devant lui. Donc maintenant c’est le consultant qui vient faire l’émission avec nous.

Sur les réseaux sociaux, tu reçois beaucoup d’insultes et de critiques. Comment tu le gères ?

J’en ai rien à foutre, j’en ai rien à foutre. J’ai reçu tellement d’amour sur les réseaux sociaux pendant ma maladie, que j’ai du mal à oublier ça. Après, quand tu as 2.5M de personnes qui te suivent, ça veut dire que ta parole a du poid, que beaucoup de gens d’écoutent, donc ça veut dire que beaucoup de gens te critiquent, parce-que c’est très français, quand tu as du succès on te critique, maintenant, honnêtement, sur Twitter, même quand tu n’as pas de succès on te critique aussi. Je bloque beaucoup de monde, moins qu’avant, ça doit vouloir dire que je m’en fout peut-être encore un peu plus qu’avant. Il y a des choses qui ne me blessent pas, quand ça vient de supporters totalement bas de plafond, qui ne voient que par leur équipe, et tout est toujours la faute des autres, ça je m’en fout complètement. Ce qui me gène le plus, c’est les attaques sur le prix de mon livre, ou quand on déforme mes propos, ça j’ai beaucoup de mal à le supporter.

« La lutte pour le podium de Ligue 1 est de bonne qualité »

Que penses-tu de cette saison 2017/2018 dans le championnat de France de Ligue 1 ?

Compte tenu de la toute puissance du PSG, je trouve que c’est quand même pas trop mal, que la lutte pour les deuxièmes et troisièmes places, entre Lyon, Monaco, et Marseille, est plutôt de bonne qualité. Il y a quelques équipes moins bien classées qui pratiquent un football intéressant, comme Dijon, comme Strasbourg. Il y en a qui sont mieux classées et qui pratiquent un football moins intéressant, comme Nantes et Montpellier. Je vois six matchs en intégralité dans la journée, j’essaye de prendre un peu de plaisir aussi, parce-que sinon c’est dur à supporter.

Comme tu le sais, je suis un supporter du Montpellier Hérault Sport Club. Justement, quel est ton avis sur cette équipe, sur ce club, et sur le travail réalisé par Michel Der Zakarian et par le président Laurent Nicollin depuis le début de la saison ?

Il faut voir que l’année dernière l’équipe s’est sauvée de peu, et a pris énormément de buts, donc je pense que le recrutement de Michel Der Zakarian n’a certainement pas été un hasard, si ils l’ont recruté, c’est pour avoir une solidité défensive. Quand je fais Strasbourg-Montpellier, qui est pour moi le plus mauvais match de cette saison, j’ai du mal à comprendre qu’une équipe qui est en lutte pour la 5ème place, se déplace chez le 14ème très diminué, et joue à neuf derrière. Après on me dit « ferme ta gueule ça marche », c’est super, ça marche, j’ai rien contre le fait que ça marche, mais après on ne va pas me demander, comme pour Nantes, de me régaler à voir les matchs de Montpellier. Il y a des très bons joueurs, Mukiele, Roussillon, Aguilar, c’est très bon, mais bon, je ne m’assois pas dans mon canapé en me disant « chouette il y a un match de Montpellier ».

Le Paris Saint-Germain a été éliminé de la Champions League en huitième de finale face au Real Madrid. Selon toi, qu’est-ce qu’il faut changer pour que le PSG rêve plus grand ?

Il faut déjà avoir un peu plus de chance au tirage au sort, parce-que se prendre Barcelone, puis le Real Madrid, c’est quand même vraiment pas de chance. Se faire éliminer par le Real, ce n’est pas infâme en soit, mais ce qui est vraiment très contrariant c’est la faiblesse de la combativité parisienne au retour. J’ai toujours trouvé qu’Unai Emery véhiculait le stresse et la trouille, donc ce match là me l’a encore confirmé. De toute façon le divorce est consommé entre le groupe et lui donc… mais il a tout gâché à Madrid, il s’est mis cinq cadres à dos sur le même match, c’est impossible.

On connaît ton attachement au Racing Club de Strasbourg et ton amitié avec le président Marc Keller depuis de nombreuses années. Penses-tu que le club alsacien se maintiendra dans l’élite à la fin de la saison ?

Ça va être ric-rac. Ils ont la chance qu’il y a plus faible qu’eux. En plus il vont jouer à Toulouse le week-end prochain, et il seront très diminués. Il y a un match très important, le derby contre Metz, à la Meinau. Celui-là il faudra le gagner, si ils ne le gagnent pas, ce sera très compliqué.

« Je suis en train de monter un film sur l’univers de la télé »

Le 7 avril 2017, tu étais l’invité d’Isabelle Ithurburu dans l’émission Le Tube sur Canal+, et tu as déclaré que tu préparais un film avec Matt Pokora dans le premier rôle. Quelques semaines après, le principal intéressé a indiqué que ça ne se ferait pas. Ce projet est-il toujours d’actualité même c’est avec une autre personnalité ?

Non non, parce-que j’avais vendu le projet à une maison de production qui a fait faillite… Là, par contre, je suis en train de monter un film sur l’univers de la télé. On en est à faire le casting, on a beaucoup avancé.

Justement, le scénario sur le monde de la télé, ça parlera de quoi ?

De la notoriété et de ses problèmes…

Pierrot, je te remercie pour cette interview, ça fait plaisir. Je te souhaite une bonne continuation. À bientôt !

Merci à toi, bonne soirée, à bientôt, tchao.

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